Mise en place de la comptabilité analytique au sein de CHORUS

Gilles DuvaquierGilles Duvaquier
Formateur conseil en achat, gestion et management
www.duvaquier.fr

ACP FORMATION : Quelles sont les conditions d’organisation pour développer la comptabilité analytique au sein de CHORUS ?

Gilles Duvaquier : À titre liminaire, il convient de rappeler que la comptabilité analytique s’appuie sur la comptabilité générale et budgétaire. Il convient donc au préalable de s’assurer que les pratiques des services exécutants sont analogues, et au besoin les standardiser et les harmoniser sous pilotage de l’échelon central.

Une cartographie des marchés et de leur typologie recoupée par une analyse géographique permet ensuite de modéliser les coûts.

ACP FORMATION : Sous réserve de l’obtention de ce diagnostic de l’existant, existe-t-il des projets d’implantations de la comptabilité analytique sous CHORUS ?

Gilles Duvaquier : Sous contrôle de l’Agence pour l’informatique financière de l’État (AIFE), un projet est effectivement expérimenté au sein du ministère de la Défense dans certaines unités opérationnelles du périmètre « Administration générale et soutien commun » pour affecter les charges selon une démarche simplificatrice et d’harmonisation des modalités d’imputation.

Le postulat est que les charges directes sont imputées aux services bénéficiaires concernés (48 % des comptes du plan comptable de l’État (PCE)).

De nouveaux centres de coûts ont été validés par l’AIFE pour affecter les charges selon trois axes analytiques.

Les frais généraux sont imputés autant que possible au service bénéficiaire (exemples : frais de personnel, actions de communications, etc.).

Certains frais généraux, comme la téléphonie fixe, le carburant ou le transport collectif, ne peuvent être affectés directement. Ils sont alors répartis selon une clé de répartition et un inducteur définis par l’échelon central, en liaison avec les organismes soutenus à un centre de coût à caractère indivisible (créé spécifiquement après validation de l’AIFE).

De nouveaux centres de coûts en zones d’intervention géographique (ZIG) (20 % des comptes PCE) ont été demandés en 2014 à l’AIFE pour rattacher les coûts de stationnement – exemples : collecte de déchets, énergie, fluides – à une ZIG qui représente une maille pertinente pour le suivi des consommations physiques (pour un site ou un regroupement de sites).

Cette expérimentation apportera des avantages significatifs. Au niveau de l’échelon central, la fiabilisation des données comptables issues de CHORUS et l’exploitation de modèles de coûts en appui des pilotages budgétaires et contractuels. Au niveau local, la fluidification de l’exécution de la dépense par l’optimisation des saisies d’actes de dépenses par les opérateurs CHORUS.

Ainsi, l’évolution du référentiel des centres de coûts répond aux besoins d’une comptabilité analytique, indispensable à la satisfaction des exigences croissantes de performance budgétaire impliquant de piloter ses activités en démontrant le niveau d’atteinte des objectifs opérationnels en termes de qualité, délais et coûts.